L’utilisation du son et de la vibration sonore dans la pratique de yoga


L’Instant Thé, rencontre de professeurs, est un espace d’échange et de réflexion autour d’un thème. Nicole Héguy, organisatrice de l’Instant Thé du mois de février, intitulé « Les effets de la vibration sonore dans la pratique du yoga », a réuni cinq professeurs, qui utilisent le son et le chant dans leur pratique (syllabes simples, mantras ou chant védique) pour approfondir avec eux cette «voie du son».

Lié au souffle, qu’il permet d’allonger, le son peut accompagner les postures et avoir toute sa place dans l’assise. Il participe à l’orientation de l’esprit et par ses effets vibratoires à la détente corporelle. C’est à la fois un instrument d’éveil et d’extériorisation quand on le pratique avec des enfants par exemple et une aide à l’apaisement intérieur, très utile pour des seniors.

La « manipulation » des sons doit se faire avec beaucoup de prudence car la vibration sonore accentue les effets de la posture ou de la respiration. C’est un travail tout en subtilité qui nécessite d’être guidé, mais, bien utilisé, le son donne l’ouverture du cœur, il enracine et élève. C’est aussi, paradoxalement, une ouverture vers le silence…

Nous vous laissons découvrir les paroles des participantes...

Ghislaine : « Chacune des participantes a pu partager une expérience de sa pratique autour du son : que ce soit la pratique guidée avec des OM qui ont tout de suite permis l’intériorisation ; les quelques postures au sol avec des sons émis ou intérieurs, pour nous mettre à l’écoute de notre souffle ; le temps de relaxation avec CD, autour du chakra du nombril, pour réactiver le feu en nous ; les postures plus toniques debout avec des O et des A ; ou encore le chant védique pour clôturer ce partage d’expérience, dans l’unité et la diversité »

Jocelyne : « Nous avons baigné dans des sons si divers, que je suis partie avec une énergie vibratoire qui ne m’a quittée que très tard dans la soirée. Nous étions d’ailleurs toutes rayonnantes d’énergie après cette rencontre…»

Murielle : « L’Instant Thé permet de partager, d’expérimenter en commun. Cela fait du bien, surtout quand on se sent un peu isolée en tant que professeur. »

Carole : « Le thème du son m’a particulièrement intéressée : la pratique des postures en association avec la voix est un outil très puissant et apporte beaucoup de force et de joie. Et, au-delà de cet aspect, ressentir l’union du groupe en un seul chant composé de toutes nos voix différentes, en une seule et même vibration, a été une sensation magique ! »

Maryse : « Un beau moment qui est passé “comme un charme”. Avec de bonnes surprises : le soutien des voix ; l’aisance d’un cobra dressé avec un son sifflant ; la puissance légère, soudain, d’un Vīrabhadrāsana ; la plénitude du silence... Lors du tour de table final, nous avons échangé sur les apports du son pour la pratique mais aussi sur les précautions à prendre pour l’introduire dans les cours.
Merci à Nicole de nous avoir réunies autour de cette thématique et à Ghislaine qui nous a ouvert sa porte et offert ce beau lieu, cet espace ouvert, ciel et rivière tout proches. Avec, dans les moments de silence, le pépiement des oiseaux. Le train du retour nous a permis de faire plus ample connaissance. Ah ! les Instants Thé ! »

Nicole Héguy, professeur de yoga IFY


 

Le yoga à l’école

Le Yoga est bel et bien entré dans les écoles

Le Yoga est bel et bien entré dans les écoles

Depuis trois ans, j'anime deux ateliers de Yoga hebdomadaires dans une école primaire publique d'un quartier aisé de Paris, mais où les enfants sont d'origines sociales très diverses.

Le cadre de l'école est très spécifique : délimitée dans son espace, l'école vit selon une temporalité propre.

Dès le départ, mes ateliers Yoga ont dû s'adapter à ce cadre prédéfini et assez rigide. J'ai des groupes d'enfants nombreux (plus de 15) et de tous âges mêlés (de 6 à 12 ans).

Mes cours ont lieu entre 15h et 16h30, ce qui peut être la fin de journée pour certains, après les heures de classe et avant la sortie de l'école, mais qui pour d'autres est un temps situé entre plusieurs activités, jusqu'à 18h.

Les groupes d'enfants changent à chacun des trois trimestres et les activités sont choisies par les enfants eux-mêmes.

Mes séances s'intègrent au temps scolaire et s'adaptent à la configuration du lieu. Mais, de manière intéressante, la circulation qui s'établit là est quasiment sans filtre. J'ai avant tout à faire avec les enfants.

La communication avec les familles est possible mais s'avère restreinte. J'ai pu constater que le Yoga a acquis une place, une légitimité, jusque dans l'institution scolaire. J'ai reçu un accueil très favorable de l'équipe scolaire, dont le regard perplexe est devenu, dans le temps, attentif et bienveillant.

Quant aux enfants, ils ont tout de suite adhéré. Certains pourtant peuvent avoir une résistance vis-à-vis du Yoga.

Dans les moments de détente, le simple fait de s'allonger par terre et de se reposer leur est quasi impossible.

Le fait de me trouver en immersion dans leur monde me permet de repérer les tensions, les raideurs physiques et mentales qu'ils portent déjà - et d'ouvrir un espace où ils peuvent expérimenter une autre manière d'être, à commencer dans leur propre corps.

Inventivité et plaisir, les ingrédients du Yoga à l'école

Un des enseignements que je retire concerne la pédagogie. Le maître-mot est la spontanéité. Tout est ouvert avec eux, plus fortement qu'avec des adultes.

Ils sont le changement même, différents d'une semaine sur l'autre, d'un moment de cours à un autre. Perméables à tout ce qui se passe autour d'eux (bruits, lumière, mouvements).

Ils m'obligent à être réceptive à ce qu'ils laissent passer et à utiliser cela comme support afin de les rendre conscients du moment présent.

Je n'hésite pas à improviser quand je vois qu'ils sont à l'opposé de ce que je voudrais leur faire faire. Je suis souple dans la transmission de certaines notions, j'évite les discours (qu'ils reçoivent en classe) et passe plutôt par un jeu, une remarque pour leur faire comprendre la non-violence, la patience, la beauté.

A l'inverse, je peux être plus exigeante dans la réalisation de certaines postures afin d'en faire ressortir les bienfaits physiques et psychologiques.

Dans ce lien qui se tisse entre nous, nos guides sont l'inventivité et le plaisir.

Le Yoga est un jeu qui sert un but donné (gagner en concentration et tranquillité), un défi lancé à soi et aux autres, plutôt qu'une compétition.
Il revêt des formes multiples au-delà des postures, les mandalas étant leurs préférées.

Le Yoga à l'école est véritablement une respiration, il sort les enfants de la consommation et de l'efficacité et fait d'eux des bijas, graines semées qui donneront de beaux fruits.

Nadia Nasr, professeur de Yoga IFY





Une expérience du yoga avec les ados

Auteur: 
CREPEAU Yveline

Au fil des années, les enfants qui suivaient mes cours, commencés en 2008, sont devenus des adolescents... J’ai donc ouvert un cours spécifique pour répondre de façon plus appropriée à leur évolution. Un vinyāsa krama s’est naturellement opéré.
 
Le yoga pour ados reprend les bases du yoga enfants, mais avec un renforcement constant sur la respiration, permettant de se distancier des problèmes et faire « taire » les pensées désordonnées dues aux changements tant physiques que psychologiques, hormonaux et émotionnels.

Un temps de parole libre au début de chaque cours leur permet de mettre des mots sur leur état, d’échanger, d’être écoutés et à l’écoute des autres. Avec un rapport de confiance instauré depuis longtemps entre nous, confidences et interrogations sont aisées. C’est aussi l’occasion d’aborder les yama-niyama pour développer l’estime de soi, la bienveillance, l’honnêteté, l’autodiscipline, le respect.

Les  dix à quinze postures exécutées sur un rythme soutenu, certaines en statique, augmentent la persévérance, la stabilité et la force musculaire, notamment avec les postures d’ouverture, d’équilibre et les torsions. Les ados attendent aussi d’être surpris par de nouveaux enchaînements qui, parfois émanent de leurs propres propositions. Les variantes sont toujours bien appréciées, ainsi que les postures en binôme. Une des jeunes a décidé d’elle-même de pratiquer des postures de yoga lors d’un examen scolaire où la discipline sportive était au libre choix de l’élève. Elle était ravie de m’annoncer sa bonne note.

Capter leur attention est un objectif permanent à garder pendant la séance car les ados d’aujourd’hui sont  « décentrés » de par leurs habitudes à « zapper » d’un sujet à l’autre, d’une technologie à une autre, d’un centre d’intérêt à un autre, mais également à la recherche de leur propre identité. Les ados sont aussi stressés, avec des problèmes de sommeil, des angoisses qui s’ajoutent au mal-être ressenti par leur changement physique constant et leurs doutes sur l’avenir.

Chaque séance se termine par une relaxation guidée bien appréciée, avec une histoire inspirante et apaisante, suivie d’une assise méditative de quelques minutes en cercle pour se relier à soi, mais aussi aux autres.

Yveline Crépeau, professeur de yoga IFY





 

Yoga et éducation

Auteur: 
MARGHERITA Marina

« Qu’est-ce que le yoga ? » « Une gymnastique un peu philosophique », répond une de mes petites élèves de 9 ans. Quand je lui demande d’expliquer ce qu’elle veut dire, elle ajoute : « Quand je fais du yoga, j’apprends des choses sur moi-même. » Je doute qu’un adulte puisse donner une définition aussi claire et profonde de cette discipline après quatre mois de pratique, ce qui me fait penser que le yoga est congénial aux enfants.
 
Définitions et objectifs

En  laissant libre cours à mon imagination pour remonter à ses origines, je vois des hommes qui, vivant en communion avec la nature, sentaient le besoin de l’apprivoiser et d’en intérioriser les énergies par l’intermédiaire de positions corporelles. Ces postures, telles des prières, étaient intégrées dans les rites pour demander la protection des divinités, qui personnifiaient souvent des éléments de la nature comme la foudre ou le rayon du soleil. Certaines postures permettaient à ces hommes de s’identifier à des personnages mythiques, parfois des demi-dieux, pour s’élever à leur hauteur et absorber leurs qualités – la lumière de Marīcy (1-1) le courage de Vīrabhadra (2-2) [ndrl: voir postures associées à cet article]. Le yoga réunit et harmonise les différents aspects de l’être, du corporel au spirituel. Attirés par sa dimension ludique, les enfants y adhèrent sans réserves, ce qui me porte à croire que le yoga peut jouer un rôle important dans l’éducation.

Pour le confirmer on peut remonter aux étymologies des deux mots. Le mot yoga, du sanskrit yuj, veut dire « union », à la fois comme moyen d’unification de l’être et comme outil pour relier l’esprit à un objet d’attention. Le mot « éducation », du latin ex-ducere ou educare, veut dire « extraire, porter à la surface, faire éclore, développer ». Le yoga et l’éducation visent à harmoniser les facultés de l’individu et à développer ses capacités, entre autres celles de l’attention et de la concentration.

La découverte de soi-même

Selon l’aphorisme 2 du IV livre du Yoga-Sūtra de Patanjali (3) « le développement de la nature se fait par sa propre abondance ». Chaque être humain est unique, sa nature est riche de potentialités, comme un champ à cultiver. L’éducateur, dit l’aphorisme suivant, comme le fermier, respecte le terrain en créant les conditions pour qu’il donne ses fruits. Tout est déjà dans la graine ; le fermier se limite à enlever les obstacles qui empêchent la graine de germer.

Les membres du yoga (Yoga-Sūtra II-29)  correspondent aux domaines dans lesquels l’enfant peut s’épanouir : la relation aux autres et à soi-même, le corps avec son potentiel énergétique, les sens pour appréhender le monde extérieur, l’esprit comme moyen pour le connaître et rentrer progressivement en contact avec son intériorité. Si au départ l’éducation, comme le yoga, vise à développer toutes les facultés de l’être, quand on rentre dans la sphère de l’instruction scolaire, le savoir et la performance sont mis en avant pour répondre aux attentes de la société. Or l’acquisition d’un savoir n’a de sens que si elle s’accompagne d’une découverte de soi-même et de ses potentialités, comme nous dit l’aphorisme 17 du livre I du Yoga-Sūtra de Patanjali : « Le processus vers la  connaissance se fait par étapes, en allant du plus superficiel vers le plus profond. Il construit la personnalité et s’accompagne d’un sentiment de joie. » A partir de l’âge scolaire, le yoga peut interagir avec l’éducation en aidant le jeune à réaliser son svadharma, à savoir : mettre ses capacités au service de la société, tout en restant en accord avec sa loi intérieure.
 
Les moyens

Pour accomplir cette tâche le yoga dispose d’un certain nombre d’outils techniques et pédagogiques.

• La posture

La posture  permet à l’enfant de descendre dans son corps de façon consciente, pour désencombrer son mental, exprimer ses émotions et se renforcer physiquement et psychiquement. La respiration, introduite progressivement, contribue à ce travail de conscientisation de l’être par le biais du corps. On privilégiera les positions qui ouvrent le thorax, renforcent le dos et les membres, les postures d’équilibre, les enchaînements dynamiques en faisant appel à l’imagination de l’enfant pour les réaliser (3, série d’images). Assumer la position du lion (4) en émettant un rugissement lui permet de canaliser son agressivité, s’identifier à l’éléphant (5) l’invite à en explorer la force tranquille, rester immobile comme un lézard (6) qui guette sa proie le pousse à cultiver la vigilance. Sentir que dans Vīrabhadrāsana, la posture du héros de Shiva, il ouvre mieux sa poitrine s’il est ancré dans ses jambes, lui permet de comprendre que le courage se développe à partir d’un sentiment de stabilité. A chaque fois qu’il  habite par la posture une pièce de sa maison intérieure, il  définit l’image de lui-même dans ses limites et ses capacités et apprend qu’un travail corporel progressif et adapté peut repousser les unes et développer les autres.

• La progression, le vinyāsa krama

L’outil technique qui permet ce travail dans la pratique du yoga s’appelle vinyāsa krama et désigne une façon d’enchaîner les postures en allant du plus facile au plus difficile. Chaque posture prépare la suivante et échauffe graduellement le corps pour faire face à la difficulté dans les meilleures conditions. Le vinyāsa krama est « une stratégie de succès qui consiste à connaître son point de départ pour mieux définir son objectif  et tout mettre en œuvre pour le réaliser » (4). Dans une trajectoire de progression allant d’un point A (la première position) vers un point B (la posture cible), il s’agit d’approcher la difficulté en se fixant une série de mini-objectifs intermédiaires qui sont plus faciles à atteindre que l’objectif final (7).

Intégrée corporellement par la pratique, cette stratégie aide le jeune à se libérer de l’anxiété des résultats et à s’engager dans l’action avec une totale attention. Débarrassé du souci de la performance, il fait face aux situations de la vie (un examen, une compétition) dans les meilleures conditions pour être performant. La confiance en soi, qu’il développe, lui permet de vivre les échecs comme des opportunités pour tester sa motivation et continuer à avancer en réajustant sa stratégie. Il s’ouvre au monde et aux autres qui ne représentent plus une menace.

Dans le cours de yoga l’esprit de compétition peut être réorienté vers une émulation constructive au sein d’un groupe où chacun trouve sa place, soutenu et encouragé dans ses progrès par les autres. On construit la pratique ensemble, à partir des suggestions de chacun, on montre ou on guide à tour de rôle son enchaînement, on pratique par deux en s’entraidant.

La séance de yoga devient l’espace où l’enfant, pleinement reconnu, est écouté et écoute les autres, est encouragé à devenir autonome et à prendre ses responsabilités au sein du groupe. Stable sur ses bases, confiant en lui même, il se prépare au passionnant combat de l’existence, déterminé à y trouver sa place et à respecter celle des autres. Nouvel Arjuna (5), il a intégré le message de la Bhagavad Gītā  « Nul effort commencé ne se perd, nul empêchement ne survient » (6) ; « tenant pour égaux plaisir et peine, profit et perte, victoire et défaite, rassemble tes énergies pour le combat ; ainsi tu ne souffriras aucun mal » (7). Ainsi « victorieux, tu jouiras de la vaste terre » (8).

Marina Margherita, Formatrice IFY-IDF
 
(1) Divinité de la lumière de l’aube.
(2) Héros au service de Shiva.
(3) Texte de référence du yoga écrit entre le IIe siècle av. J.-C. et le IIe siècle apr. J.-C.
(4) Voir la contribution de Marina Margherita au texte du site de l’IFY.
(5) Héros de la Bhagavad Gītā, texte de la Tradition hindoue, partie de l’épopée du Mahābhārata.
(6) Bhagavad Gītā : chant II-41.
(7) Idem : chant II-38.
(8) Idem : chant II-37.




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Le yoga fait son festival

Pour la troisième fois, le yoga a fait son festival, quatre jours durant (du 23 au 26 octobre) à la porte de la Villette, alors que le 21 juin s’était déroulée la première « journée internationale du yoga ». Le yoga, depuis quelques années, se montre, s'exhibe, pourrait-on dire ! Le yoga, les yogas.
Pour la première fois, notre fédération était présente au Yoga Festival. Je vous livre quelques impressions de ces quatre jours où, alternativement, j'ai déambulé, répondu aux questions des visiteurs, participé à des conférences et à des ateliers, chanté les sutras de Patanjali et observé, en voisine, les pratiques proposées dans l'espace central (notre stand jouxtait cet espace).
Le premier jour, je me suis sentie perdue, étourdie, avec une sensation de « trop de bruit », de « foire », de kaléidoscope. Puis, au fil des jours, j'ai fini par m'y sentir « comme à la maison », un jour de grande fête, entourée de la famille proche, de cousins éloignés mais aussi de quelques invités étonnants et même étranges. La curiosité l'a finalement emporté. Et j’ai été...
Amusée : des conférenciers qui s'interrogent sur leur participation au rassemblement, modalité si éloignée de leur façon habituelle de transmettre, un préambule à leur intervention.
Touchée : par la seule présence de certains intervenants qui incarnent si fortement leur message.
Prise de vertige : devant la variété des séances de yogas.
Ramenée vers le passé : avec la recherche de l’alignement dans la pratique et les postures hiératiques du Yoga des Pharaons.
Heureuse : de la découverte de nos voisins, les pratiquants de la Fédération nationale de yoga du son
Emerveillée : par les visiteurs et leur questionnement, leur recherche. De belles rencontres. Si beaucoup recherchaient un cours, une adresse, d'autres s'interrogeaient sur le chemin du yoga, sur la façon de l'intégrer dans leur vie, sur la spécificité de notre fédération, les cours particuliers. Des professionnels de santé s'informaient sur les formations à l'enseignement. Pas le temps de s'ennuyer. La prochaine fois, il faudra prévoir chaises et boisson car beaucoup s'asseyaient pour parler. Comme à la maison ! Comme des invités !
 
Maryse Jobert

L'IFY-IDF et moi au Carreau du Temple, le samedi 11 juillet 2015

Le témoignage d'Anne
D'habitude, je n'aime pas trop les vastes espaces collectifs et les groupes de grande taille. Cependant l'idée me plaisait que L'IFY-IDF organise une pratique de yoga pour un large public au Carreau du Temple. Je ne connaissais ce lieu que de renom, un marché de tissu d'antan. Il y avait un vent d'aventure qui me souriait. Yoga et tissus me semblaient pouvoir s'accorder.
            Il y avait un beau soleil ce jour-là sur Paris. Je suis arrivée au Carreau du Temple intriguée mais aussi, je dois le dire, un peu sur mes gardes.  Dès que je suis entrée dans cette grande halle de métal et de verre, au sol parsemé de tapis de couleur vive, je m'y suis tout de suite sentie bien. Je me suis allongée et j'ai attendu le début de la pratique.
            De la verrière au dessus de moi le soleil entrait à certains endroits, laissant des espaces dans la pénombre. Le public nombreux arrivait par petits groupes d'amis. Il y avait aussi des personnes seules de tout âge, des femmes et des hommes, tous en tenue souple. Il était évident que chacun(e) se préparait à vivre un temps de yoga. Dès que la séance à commencé je me suis laissée guider en toute confiance. J'ai vécu un moment unique au Carreau du Temple. Je me suis étonnée d'accéder sans effort à un état de yoga qui m'a semblé largement partagé malgré le nombre impressionnant de yogis – 150, il paraît.
Anne Guerin

Le témoignage d'Alain:
J'ai bien apprécié cette séance, faire un cours à 12 ou à 150 ne change rien pour la bonne concentration; les animatrices étaient très claires dans leurs consignes, l'espace du carreau, la luminosité, la vue sur les immeubles anciens donnaient une belle atmosphère.
Et pour rester dans le quartier, déjeuner au marché des enfants rouges; lieu typique à proximité.
Alain, un jeune pratiquant (récent) au cours de Laurent Nadolski   















Le charme discret de l'intestin

Surpoids, dépression, diabète, maladies de peau… et si tout se jouait dans l’intestin ?
 Au fil des pages de son brillant ouvrage, Giulia Enders, jeune doctorante en médecine, plaide avec humour pour cet organe qu’on a tendance à négliger, voire à maltraiter. Après une visite guidée au sein de notre système digestif, elle présente, toujours de façon claire et captivante, les résultats des toutes dernières recherches sur le rôle du “deuxième cerveau’’ pour notre bien-être. C’est avec des arguments scientifiques qu’elle nous invite à changer de comportement alimentaire, à éviter certains médicaments ainsi qu’à appliquer quelques règles très concrètes en faveur d’une digestion réussie.
Irrésistiblement illustré par Jill Enders, la soeur de l’auteur, voici un livre qui nous réconcilie avec notre ventre.

                           
 Succès surprise, Le Charme discret de l’intestin s’est vendu à plus de un million d’exemplaires en Allemagne et sera publié dans une trentaine de pays.

Sauca : un chemin possible vers la Joie ?

Auteur: 
ADDA Dominique

Sauca : un chemin possible vers la Joie ?

Sauca : un chemin possible vers la Joie ? 13 novembre 2015

Nous venons de vivre des moments terribles et beaucoup d'entre nous sont dans la peine.

Nous affirmons notre force, notre courage, notre volonté d'aller de l'avant dans ces mots : « la vie continue ! ».

Oui, la vie continue, mais la Joie, où est-elle ?

Nous cherchons à nous retrouver, à retrouver l'autre au milieu de cet amas de bleus que nous ont laissé les événements passés.

Les regards ne savent plus où se poser, ni comment... Que la relation est difficile !

Le mot "lien" en français a un double sens : celui de relier, mais aussi celui de ligoter. Où en sommes-nous ?

Ne sommes-nous pas ligotés par nos affects, nos sentiments, nos croyances, nos jugements, nos convictions... ?
Il est possible que la peine, la peur, le rejet, l'attachement, l'ego... qui sont souvent nos compagnons, à des degrés divers pour chacun d'entre nous, aient pris une ampleur telle que nous n'y voyions plus clair, que nous ne sachions plus trop où nous en sommes, ce qu'il faut faire ou ne pas faire, ni à qui parler ou qui écouter.

A qui, à quoi, se rallier, se relier ?

Le lien, qui devrait être "alliance" avec soi, avec l'autre, est devenu "ligature" ; la circulation y est difficile et la joie a du mal à se frayer un chemin.

Je voudrais partager avec vous un concept du Yoga qui nous propose de jouer au fin "limier" (même racine que lien !) afin de ne plus faire d'amalgame et de pouvoir tout remettre à sa juste place : l'autre, moi-même, et les différents aspects qui sont les miens.

Le recul, la juste distance ainsi trouvés permettent alors de créer un lien vivant.
Ce concept est SAUCA.

(prononcer chaotcha)

Avant d'aller plus loin, il me semble important de resituer le contexte (un tableau à la fin de ces lignes pourra vous aider).

Nous trouvons sauca dans le deuxième chapitre du Yoga Sutra de Patanjali (le guide des apprentis yogi que nous sommes !). Ce deuxième chapitre nous donne des pistes très intéressantes pour être acteur de notre vie et pouvoir nous ajuster aux mouvements incessants qu'elle nous impose.

Dans ce chapitre, Patanjali nous offre l'astanga Yoga, le Yoga aux huit membres ; huit piliers, tels des regards qui vont nous permettre de comprendre le champ, le terrain, sur lequel se joue notre vie.

En sanskrit : yama, niyama, âsana, prânâyâma, pratyâhâra, dhârana, dhyâna, samâdhi. Les trois derniers, dits membres internes, représentent la démarche méditative. Grâce à ces huit piliers nous pourrons répondre le plus justement possible aux sollicitations de la vie qui est la nôtre.

Huit domaines sont ainsi visités, étayés. Dans l'ordre, les domaines : relationnel, personnel, physique, énergétique, sensoriel, mental, psychique et spirituel.

Regardons de plus près les deux premiers.

Le premier domaine exploré est le relationnel ; les yama. Pour cela, cinq questions semblent nous être posées.
"Où en êtes-vous avec la violence, où en êtes-vous avec l'authenticité, avec l'honnêteté, avec le contrôle de vos pulsions, avec la convoitise ?". Ce sont cinq repères qui nous sont donnés, qui nous permettent de dire oui à la relation et de la respecter. Cette attention particulière à l'autre, à la relation que nous avons avec lui, vient démentir l'opinion fréquente que le Yoga est du nombrilisme !

Le deuxième domaine, les niyama, concerne le domaine personnel. Ici aussi, cinq repères, directions dont les résultats nous sont donnés lorsqu'elles sont respectées. Cinq "carottes" en quelque sorte !

En nous occupant de nous-mêmes, notre relation à l'autre n'en sera que plus harmonieuse.

C'est ici, que nous trouvons le premier repère, sauca.

Sauca, traduit par propreté, pureté, purification, ouvre le chemin des niyama, le domaine personnel, celui qui permettra d'être en accord avec soi-même à tous niveaux.

Que pouvons-nous observer à la lecture du texte ? Alors qu'il n'en consacre qu'un seul pour chacun des yama et des niyama, Patanjali nous donne deux aphorismes pour décrire les fruits de sauca ! Nous pouvons en conclure qu'il nous demande d'y accorder une attention toute particulière...

Que nous disent ces deux aphorismes II 40 et II 41 ?

La pédagogie de Patanjali reste la même ; il ne nous donne pas de description, mais les fruits que l'on obtient. Le champ d'expériences est alors immense !

Le premier aphorisme (II 40) nous dit que « par sauca, la pureté, nous prenons de la distance vis-à-vis de notre propre corps et nous abstenons de contact avec les autres ». Le sanskrit ne nous rend pas la vie facile, les traductions s'enchaînent, qui tournent souvent autour du pot ! En voici une qui pourrait nous faire dresser les cheveux sur la tête...

Nous dirons simplement que grâce à la propreté, nous comprenons que ce corps auquel nous accordons tant d'attention, se dégrade et qu'il nous demande des soins constants. Nous devons lui donner ce dont il a besoin, le soigner, car il est le temple de l'Esprit, mais nous savons que la beauté qu'il affiche n'est qu'extérieure, et que la vraie beauté est ailleurs.

C'est ce que nous verrons aussi chez les autres, sans nous laisser happer par les apparences, les artifices.

Je me souviens d'une émission de télévision où l'animateur demandait à un jeune handicapé s'il ne souffrait pas de ne pas pouvoir jouer les "beaux gosses" devant les filles (sic !). Et ce jeune homme de répondre "non, car moi j'ai la "beaugossité" de l'âme !"...

Le mot sanskrit traduit ici par "absence de contact" (asamsargah) signifie aussi "non mélange, non association, non amalgame, non contamination". Il nous est demandé de ne pas nous assimiler à l'autre, de ne pas faire l'amalgame : nous avons certainement des points communs avec les autres, mais nous ne sommes pas les autres.

Cet espace créé grâce à sauca, amène à la pureté du corps, première étape d'un chemin où d'autres surprises nous attendent. Elles sont décrites dans le deuxième aphorisme (II 41) : « (par sauca) découlent aussi les capacités suivantes : un cœur (psychisme) pur, (puis) un mental serein, (puis) la capacité d'attention, (puis) la maîtrise des (onze) sens et le contact avec le Soi ».

Patanjali décrit un enchaînement logique, initié par la pureté du corps, culminant dans la découverte de l'Etre profond.

Quelques commentaires...

Ne pourrait-on voir sauca et ses deux aphorismes comme un sas ? Un "entre deux" qui nous offre un espace pour faire un choix en toute conscience, afin de dire oui, ou non, accueillir ou pas. Grâce à sauca, j'ouvre la porte ou non, entre l'autre et moi, entre ce qui m'est différent et ce qui m'est propre.

Elle est le premier pas qui m'incite à prendre conscience de ce qui est bon pour moi et de ce qui ne l'est pas. Elle m'apprend à regarder parfois par le "judas" afin de ne pas ouvrir trop grand ni trop vite car je sais que mes sens sont boulimiques... et peuvent m'entraîner là où je n'ai pas vraiment envie d'aller, au risque de le regretter !

A cheval entre l'extérieur et l'intérieur, elle m'invite à une attitude discriminative et non plus simplement mécanique.

Très en lien avec la nourriture, sauca m'encourage à faire le tri. De quoi est-ce que je me nourris ? Qu'est-ce que je fais entrer en moi ? Et la nourriture, qui concerne tous mes sens a de multiples facettes ! Ce que je mange bien sûr, ce que je mets sur ma peau, mais aussi ce que j'écoute, ce que je lis, les relations dont je m'entoure, les lieux que je fréquente...

Sauca me pousse à être attentif à ce qui se passe tout à la fois dehors et au-dedans de moi.

Et surtout à la relation entre les deux. Elle m'entraîne à aller sans cesse au plus profond afin de mieux me connaître, de comprendre quelle est la "nourriture" qui me convient le mieux, celle qui va me permettre d'agir et non plus de réagir.

Le terme sauca vient de la racine S(H)UC qui signifie purifier, nettoyer, brûler, briller, luire. Oui, sauca, la propreté, est le chemin parcouru "mille fois" entre l'autre et moi qui va m'amener à un double respect : respect de l'authenticité de celui que je rencontre, respect de ma propre authenticité.

Conscient de ce qui me parvient de l'autre, je vais peu à peu prendre conscience aussi de ce que je lui fais parvenir. Ainsi "purifiée" la relation sera de plus en plus juste.

Nous savons tous que la route est longue et difficile ! Souvenons-nous qu'une des facettes d'un des obstacles majeurs dans notre vie, avidya, est de confondre ce qui est juste, pur, avec ce qui ne l'est pas... Sauca ne serait-il pas un moyen d'y voir plus clair ?

Jetons un dernier regard sur sa position dans le texte du Yogasutra : sauca est entre aparigraha et samtos(h)a.
C'est-à-dire entre le fait de ne pas s'accrocher à ce qui ne nous est pas nécessaire, ne pas se l'approprier, d'une part, et le contentement, être à l'aise avec ce que nous avons, faire ce qu'il faut pour être heureux le plus longtemps possible d'autre part.

Sauca, la pureté, est vraiment la porte qui m'amène à prendre conscience de qui je suis, celle qui m'amène à l'intégrité. Elle me permet d'être en contact avec ce qui est éternellement pur et éclairant en moi. La confiance en découle, je n'ai plus besoin de m'accrocher ni de m'assimiler à ce qui n'est pas moi.

Ma réponse au monde devient juste, et la joie qui en découle est immense !

YOGA SÛTRA de PATANJALI : 4 chapitres

Chapitre deux :

II 29 : As(h)tanga Yoga
yama (domaine relationnel)
niyama (domaine personnel)
âsana (domaine physique)
prânâyâma (domaine énergétique)
prathyâhâra (domaine sensoriel)
dhâranâ (domaine mental)
dhyâna (domaine psychique) vers la méditation
samâdhi (domaine spirituel) la relation à l'autre | le personnel (relation à moi-même)

II 30 : Yama
ahimsa (non violence)
satya (véracité)
asteya (non vol)
brahmacarya (contrôle des pulsions)
aparigraha (non convoitise)

II 32 : Niyama
II 40 : SAUCA (pureté, propreté)
II 41 : samtos(h)a (le contentement)
tapas (discipline de vie)
svâdhyâya (étude de soi)
îs(h)varapranidhâna (l'abandon au divin)




Interview de Tonia Rivot

Rencontre avec Tonia Rivot, enseignante de yoga à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) et nouvelle présidente d’IFY-IDF
par Marie-Christine Tchernia
Tonia Rivot, petite brune souriante, énergique, aux longs cheveux, est la toute nouvelle présidente de l’IFY-IDF. Tonia, qui s’est formée auprès de Bernard Bouanchaud, enseigne chez elle, à Aulnay-sous-Bois. Le souffle, qui était le sujet de son mémoire, est au cœur de sa pratique. Dialogue entre l’ancienne présidente de l’IFY et la nouvelle...
Comment as-tu commencé la pratique du yoga ?
C’était en 1990 : j’étais jeune maman avec un bébé de 18 mois, une vie professionnelle bien remplie et je me suis inscrite à un cours de yoga à Aulnay-sous-Bois. J’en ai immédiatement ressenti les bienfaits. La relation avec mon enseignante – une « rencontre d’âmes » – a été  le déclic. Au bout de six ans de pratique régulière, j’ai eu envie de suivre une formation d’enseignante.
Pourquoi avoir choisi l’IFY alors que ton professeur n’y était pas affilié ?
J’ai choisi  l’IFY après une enquête et des pratiques auprès de différentes écoles, mais cet accent mis sur le souffle je ne l’ai trouvé qu’à l’IFY et mon formateur a donc été Bernard Bouanchaud que je remercie pour la qualité de son enseignement. J’ai fait partie de sa promotion 2004-2008. J’ai également suivi une formation de massage ayurvédique auprès d’Yves-Marie Doré en 2005.
Venons  en à ton sujet de mémoire...
J’ai soutenu un mémoire sur le souffle ; le souffle c’est le mouvement intérieur, ce qui modèle la posture. C’est  le souffle qui me fait bouger. Souvent je propose d’inclure le geste dans la respiration pendant la pratique. Comme dit la Samkhya Karika (IV-29) : «  d’aucuns sacrifient le souffle inspiré dans le souffle expiré, et le souffle expiré dans le souffle inspiré... » La posture « naît » du souffle.
Quel est le sutra qui te porte dans la vie ? Quelle est la posture qui te nourrit ?
Le sutra sans hésiter est celui sur la confiance, sraddha (I-20). Pour la posture, j’ai plaisir à pratiquer maha mudra (posture assise asymétrique, une jambe repliée, l’autre étendue devant soi, les deux mains tenant le pied, dos redressé et incliné) même si je sens que c’est une posture qui me résiste. Suivre les directions de la posture c’est faire l’expérience  d’un espace extérieur très vaste…
Au dernier Festival du yoga, je tenais le stand de l’IFY et toi celui de Patrick Torre, formateur en yoga du son...
J’ai suivi de nombreux stages ces dernières années avec Patrick Torre en yoga du son, méditation et pratique de mantras ; la Gayatri Mantra me porte particulièrement.
Tu enseignes chez toi à Aulnay-sous-Bois, dans une salle de 35 m2 qui peut recevoir jusqu’à 9 personnes.
Je propose des cours hebdomadaires et un vendredi par mois une séance de yoga nidra et méditation. J’ai le projet d’organiser un atelier d’une journée par trimestre autour d’un thème ; de façon à évoluer vers un week-end puis une semaine de stage en co-animation.
 
Quelles sont tes aspirations en tant que présidente de l’IFY-IDF ?
Lorsque l’IFY était encore rue de Valois j’ai travaillé pendant trois ans à la direction administrative de l’IFY. J’éprouve maintenant le désir de reprendre le fil de mon engagement au sein de l’IFY, cette fois au niveau de la région…
Merci Tonia !

Témoignage sur les rencontres nationales IFY

Auteur: 
CREPEAU Yveline

Par Yveline Crépeau et Françoise Dupont


Les rencontres nationales de l’IFY ont lieu tous les deux ans.  C’est une occasion pour les adhérents de l’association d’échanger, de pratiquer et de rencontrer les formateurs. Elles sont prises en charge par une des associations régionales.
En 2015, Les rencontres de l’IFY ont été organisées par l’association de la région Provence Côte d’Azur (IFYPACA) à Saint-Raphaël du 14 au 17 mai au CREPS de Boulouris. Situé en bord de mer, dans un parc spacieux et agréable, l’endroit était parfaitement adapté à ce type d’événement. Le thème retenu en 2015 était "Stabilité et liberté".
Environ 200 personnes ont participé à ces rencontres. 23 formateurs étaient présents. Nous étions répartis en petits groupes d’une vingtaine de personnes. Chaque groupe avait un programme quotidien auquel il participait seul ou avec d’autres groupes.
La journée commençait à 7 heures le matin par une pratique d’une heure guidée par un ou plusieurs formateurs. Après le petit déjeuner, suivaient un atelier ou un voyage intérieur". L’après-midi reprenait avec un atelier ou un échange avec un formateur. Puis, des conférences plénières étaient données chaque jour en milieu d’après-midi. La journée se terminait par une nouvelle pratique de 17H30 à 18h30. Trois journées intenses donc et très riches en enseignements.
Parmi les conférences prévues au programme sur le thème "Stabilité et liberté", nous avons pu notamment assister à celles de Peter Hersnack et de François Lorin.
Peter Hersnack a rappelé l’importance de l’observation et selon lui, les yoga sutra nous invitent à ça. L’observation, ce n’est pas comprendre mais laisser se manifester la vie qui est en nous, la vie en nous qui voit. La vie en nous a un bon support (AVASTHANA). La stabilité (STHITI) repose sur ce support : dans chacun d’entre nous, il y a une sorte de voyance qui précède la pensée. On pourrait penser que la stabilité enlève de la liberté. Or, c’est le contraire.
Etudier les huit membres du yoga (ASTANGA) nous donne la possibilité de nous laisser porter. YAMA nous enseigne comment établir une relation libre avec les autres personnes, en acceptant la différence radicale de l’autre. Etre dans la relation et être à l’extérieur de la relation. NIYAMA signifie se connaître soi-même, rester proche de ce qui s’ouvre à l’intérieur, quelque chose en nous de mystérieusement stable.
Peter a terminé sa conférence par cette piste de réflexion : "Transmettre la liberté n’est possible que si l’on est déjà dans une relation libre avec soi-même. Transmettre le yoga, c’est transmettre des relations libres".
En introduction de sa conférence, François Lorin a fait référence aux propos de Peter Hersnack et de Bernard Bouanchaud. Il a constaté que si les points de vue et l’enseignement pouvaient être différents, il y avait une base commune et solide dans le yoga qu’ils transmettaient.
La conférence de François Lorin est disponible sur YouTube en cliquant sur le lien suivant :Yoga conférence par Francois lorin "stabilité liberté" 15mai2015 xvid - YouTube
Parmi les nombreuses pratiques que nous avons suivies avec beaucoup d’intérêt, Elisabeth Rémy illustrait bien le thème de ces Rencontres Nationales 2015 avec la pratique jointe qu’elle a nommée « Arbre de vie ». La posture de l’arbre est le symbole par excellence de la stabilité par l’enracinement et l’élévation. Quant à la liberté, elle est présente pendant toute la séance où mantra et chant védique nous relient à notre nature profonde, tout comme l’esprit de l’arbre.  
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