Sentir

Le propre du Yoga n’est-il pas d’être à l’écoute de nos sensations ?…
Sentir, sentir, et si nous déclinions ensemble quelques significations du verbe sentir
pour en jouer ensemble ? Qu’en pensez-vous ? Ça y est , prêt, prête ?

 

SENTIR : 

en pénétrant dans la salle de Yoga, dans cette pièce éclairée, spacieuse, aérée ouverte sur un petit jardin => Sentez en fonction de vos dispositions physiques et morales « Vous vous sentez calme, apaisé, serein déjà détendu et heureux à l’idée de ce voyage intérieur que vous allez accomplir en vous laissant guider par la voix de votre professeur ».

SENTIR : en débutant le travail de la posture par l’écoute du corps, des sensations physiques, l’appui sur le socle puis progressivement la finesse des étirements musculaires, => Sentez, la perception physique de votre travail « Vous sentez la pesanteur de votre corps jusque dans vos pieds, votre colonne vertébrale qui s’étire en douceur essayant d’atteindre un point toujours plus haut, tenez une légère tension dans la nuque …

Vous l’aviez oubliée celle-là, n’est-ce pas ? ».

 

SENTIR : en prolongeant l’expiration puis l’inspiration, => Sentez, la perception olfactive « le souffle vous permet de capter la douce chaleur de la pièce, le parfum exhalé par les premières jacinthes du jardin…».

 

SENTIR : en portant plus d’attention au mouvement, à l’exactitude du geste, vous décidez avec un peu de volonté de chasser vos pensées périphériques. Vous vous concentrez donc …Ca y est enfin : vous êtes présent à ce que vous exécutez…. C’est le présent vécu à la fois dans l’intensité  et dans la plénitude rien d’autre n’existe, => Sentez, votre conscience intérieure de l’instant présent « vous redécouvrez l’unicité du TOUT : socle, corps, esprit. Tout converge».

 

SENTIR : intuitivement vous mettez à jour votre besoin de tenir la posture en statique, de prolonger en douceur cet étirement dans lequel vous êtes bien installé.

=> Sentez, vous reconnaissez vos prédispositions intérieures « vous maintenez doucement et fermement la posture, cette attention à chaque partie de votre corps vous permet de progresser».

 

SENTIR : l’écoute du ressenti du corps en fin de séance vous permet d’en constater les effets puis de discerner une future posture lors de votre prochaine séance.

=> Sentir : la connaissance directe de soi « vous avez identifié le besoin de travailler davantage la zone des vertèbres cervicales toujours un peu douloureuse mais aussi cette torsion qui est si agréable et puissante…».

 

SENTIR : l’effort d’ensemble mené en cohérence par le groupe d’élèves dont vous faites partie. Cette reconnaissance du travail accompli par tous et chacun à la fois est porteuse d’une émotion intense et partagée à l’unisson => Sentez l’émotion provenant d’une situation qui vous est  extérieure

« Notre professeur, est aussi émue que nous tous, ses élèves, face au travail qui vient d’être  réalisé. Et c’est donc ensemble que nous nous inclinons tous dans une salutation profonde et sincère devant l’enchantement et la gravité du travail commun pour remercier de cet instant partagé…».

 

Sentir, sentir… voilà 7 significations différentes du verbe sentir….Nous avons identifié :

 

=> Sentir : en fonction des dispositions physiques et morales de l’élève.

=> Sentir : la perception physique du travail

=> Sentir : la perception olfactive

=> Sentir : la conscience intérieure de l’instant présent

=> Sentir : la reconnaissance des prédispositions intérieures

=> Sentir : la connaissance directe de soi

=> Sentir : l’émotion provenant d’une situation qui nous est extérieure Il en existe d’autres, ne voudriez-vous pas en chercher d’autres ?

Amusez-vous bien, n’en oubliez pas pour autant de pratiquer !

 

Odile Delacroix-Hochet

Anne –Laure Guignard


Le chant des Veda

La  récitation chantée des Veda permet de se relier à une tradition très ancienne de l’Inde, qui remonte à plus de 2000 ans avant notre ère. Entendus par des sages en méditation, les Veda sont rédiges en sanskrit.

Le mot « Veda » vient de la racine sanskrite « vid » qui signifie «  savoir, connaître ».

Ces textes mettent en valeur la relation de l’homme avec l’univers et l’ordre cosmique. Ils proposent aussi une  réflexion sur les responsabilités sociales et individuelles de chacun. C’est avant tout une quête de l’Absolu.

La récitation chantée des Upanishad, forme la plus achevée de ces textes, engage le récitant dans une démarche qui sollicite à la fois le corps, le souffle et le mental. Le corps bien pose dans son socle devient caisse de résonance. La voix, portée vers l’extérieur par l’expiration, reflète l’état d’âme dans lequel on se trouve. Ce travail respiratoire conduit a un état de purification physique et mentale. Les pratiquants peuvent vivre une expérience de stabilité alliée à un état de concentration propice à la méditation. Et il est possible alors d’observer la face mystérieuse du son : le silence.

Helene Daude

 

 


Le sage Vyasa

A l’origine, ces textes sacres existaient de facon independante, repandus dans tous les coins de l’Inde selon les ecoles et les lignees. Vyasa, un sage, pressentant une degenerescence possible de la civilisation hindoue, voulut synthetiser cette masse de connaissances. Il decida de faire une synthese ecrite de tous ces  enseignements epars et a ainsi compile le Veda.

Ce texte sacre fondamental n’a donc pas ete ecrit par un seul homme, mais par des centaines d'etres humains au cours de plusieurs siecles, voire plusieurs millenaires. Les veda sont organises en quatre volumes : le Rig veda, le yayur veda, le Sāma veda et le Athara Veda. En plus d'avoir fait une compilation des veda, on peut trouver les enseignements de Vyasa sous la forme de la Bhagavad Gita, du Mahabharata, des Brahmas Sūtra.

 

Sources :

Vedic Chant Companion

TKV Desikachar with Kausthub Desikachar

Traduit par Martine Duchon

 


   Vyasa dicte le Mahâbhârata, bas-relief de
   la Sapèl Pandialé, Colosse",
   à Saint-André.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Méditer oui… mais comment

 

L a méditation semble de plus en plus présente dans les mots, les exhortations, les voeux pieux d’un futur plus ou moins immédiat…et l’intérêt qu’elle suscite grandit de jour en jour. Pourtant, passer de l’intérêt à «la pratique» ne semble pas si évident. Peur de tomber dans un mysticisme qui ne nous correspond pas ? Manque de temps ? But trop lointain ? Il n’est pas rare que nous remettions à plus tard… à trop tard !

Qu’entend-on par méditation ? Il est vrai que pour l’occidental, méditer est parfois proposé comme l’occasion possible de se poser, une forme de relaxation en quelque sorte, et peut effrayer l’actif qui ne peut s’imaginer rester assis à ne rien faire face à ce qu’il nomme alors le vide. Méditer, c’est aussi, nous dit le Petit Robert «se soumettre à une longue et profonde réflexion», généralement pour faire le tour d’un problème et lui trouver une solution. La méditation, dont il est question dans notre démarche en yoga se situe pratiquement à l’opposé de ces deux notions. Il s’agit, bien au contraire, d’offrir à l’esprit la possibilité de se taire. Il va alors donner à se connaître, devenir de plus en plus clair, transparent, par le dépôt progressif des mémoires qui lui sont chères. C’est grâce à cette transparence que nous pourrons peu à peu appréhender la vie dans sa réalité et non plus dans ce que nous y projetons. Il en est de la méditation comme de la posture : c’est dans le juste maintien de l’esprit dans une seule direction, sans tension ni mollesse, qu’un espace heureux va s’ouvrir  progressivement. Comment l’Être que nous sommes, pourrait-il résister à une telle invitation ?

Dominique Adda


« L’air » de l’informatique !

 

 

 

U n formateur de yoga a dit un jour : « Notre ashram est tout ce qui nous environne, les rues, les voitures, es voisins… Il ne tient qu’a nous de rester en lien avec cet environnement sans aller chercher ailleurs ce que nous possédons ici ». Comment rester en lien dans notre grand ashram d’aujourd’hui ? La modernité a mis à notre service un outil merveilleux non seulement pour rester en contact avec notre environnement mais également pour nous permettre de découvrir nos limites d’un certain point de vue. Cet outil n’est autre que l’ordinateur ou devrais- je dire l’informatique dans son ensemble. Car grâce à Internet, nous pouvons rester en lien, « connectes » ce lien si précieux qui fait de nous des humains. Ce lien qui donne du sens a la communauté ; communauté ou nous partageons les mêmes valeurs et qui permet ainsi de nous sentir compris et de nous ressourcer. La communauté a un sens ; elle nous permet d’être authentique, d’être entendu, d’être reconnu, en un mot d’exister en toute confiance. Elle nous donne la possibilité de partager et de renforcer notre cohérence de groupe.

L’ashram permet de maintenir la cohésion autour d’un Maitre qui diffuse un enseignement. Seulement, ici, chez nous en France, il est bien difficile de maintenir le lien autour d’un enseignement tellement les distances nous séparent. Voila pourquoi la Newsletter de l’association est un moyen fabuleux pour maintenir vivant et dynamique l’enseignement que nous avons reçu. Avec cette lettre nous ne faisons pas uniquement qu’informer, mais communiquer car la possibilité de répondre, de commenter par E-mail est rapide et aisée.

Ah ! Nous voici arrives aux obstacles. Ceux décrits par Patanjali ou ceux que fait émerger notre «  cher ordinateur » ? Les deux ! Entre les personnes qui ont des poussées d’urticaire quand on prononce le mot informatique, celles qui angoissent face aux ordinateurs, ou bien celles qui dépriment  de l’avancée, de la place d’Internet dans leur vie… Avouez que les deux types d’obstacles se confondent !

Alors voila le second effet de l’informatique sur nous. Le développement de nos capacités d’adaptation. Il est bien rare de ne pas avoir d’ordinateur à la maison aujourd’hui. Et même si c’est le cas, un membre de la famille, les amis ou même les voisins disposent d’un tel outil. Vous pouvez par conséquent apprendre à utiliser l’informatique, Internet en particulier. Il y a pour cela de nombreux cours dans des associations ou centre de  loisirs. Une autre façon de rester en lient avec les informations de la newsletter est d’échanger une de vos nombreuses capacités ou compétences avec une personne qui peut soit vous apprendre le maniement d’Internet,

soit vous imprimer tout bonnement la Newsletter. Voyez, même sans Internet, Internet peut amener à faire du lien!

Une dernière chose. Si vous êtes parmi les aventuriers qui se lanceront dans l’apprentissage de l’utilisation de  l’informatique, n’oubliez pas les outils du yoga mis à votre disposition pour rester calme face a cet intransigeant miroir qu’est votre écran et qui ne vous reflète pas toujours une image fidèlement calme de vous même. Alors respirez «  l’air de l’informatique » transformez-le en pranayama, une sorte «  d’Ordishodhana* » : inspire 1, retient 1, expire 2. Ainsi vous vous installerez tranquillement dans «  l’ère de l’informatique ».

 

Thierry Jumeau


Les différents souffles

Ces souffles qui nous font vivre...

Les différents souffles Yoga prana

Prana, force vitale

Lors de notre venue sur terre, nous poussons notre premier cri, à l'entrée de l'air dans les poumons.

Cet air tout neuf nous fera vivre jusqu'au moment où nous rendrons notre dernier souffle.

Entre-temps, nous aurons l'occasion d'"être à court de souffle, à bout de souffle, de manquer d'air ou son contraire, d'avoir ou non de l'inspiration, d'avoir le souffle coupé, de soupirer d'aise ou d'épuisement...".

Toutes ces expressions, et bien d'autres, qualifient des situations courantes de notre existence. Chacune peut être interprétée à deux niveaux :

- le premier a un rapport direct avec la respiration, l'air qui entre et qui sort dans nos poumons, les échanges des volumes gazeux

- le deuxième fait référence à une manifestation plus subtile : celle de l'énergie que nous sentons ou que nous exprimons. Cette énergie dont nous avons plus ou moins conscience se manifeste à bien des niveaux : physique, psychologique, spirituel.

La vie ainsi présente en chacun de nous, dans le contexte du Yoga, se nomme Prana.
Prana est le substrat de vie présente à chaque instant dans l'univers (macroscopique et microscopique) à tous les niveaux. Il est l'axe de la roue de la vie : l'énergie qui crée, qui maintient, et qui détruit.

Ce mot "Prana" est formé :
du préfixe "pra" qui indique une direction vers l'avant, la constance,
et de la racine "an" qui veut dire, respirer, se mouvoir.

Prana est la force vitale originelle, force de mouvement constant.

Prana, énergie de relation

Des textes anciens, les Upanishads, comparent Prana à ce qui relie Purusha à Prakriti.

Purusha est un terme qui signifie : "l'homme qui habite dans la cité". Appelé aussi "drashtr". C'est le principe au plus profond de notre être qui voit et ne change pas : le principe de conscience (qui n'a pas à voir avec "avoir bonne ou mauvaise conscience") ce sens de drishya.

Prakriti est "la nature" en changement perpétuel. Elle représente tout ce qui peut être perçu (en ce sens elle est drishya), tout ce sur quoi nous pourrons agir : notre corps, notre mental, nos émotions, nos conditionnements...

Purusha et prakriti sont deux mots difficiles à traduire du fait même de nos conditionnements, de notre culture. Purusha, principe psychique universel, source de création, ne pouvant agir par lui-même, va animer (an), vivifier Prakriti, la nature, le principe physique universel, au moyen de Prana. C'est grâce à Prana que Purusha va s'exprimer en nous, dans chaque cellule de notre corps et au-delà.

En simplifiant, il est possible de dire que Prana est le souffle qu'envoie le créateur pour animer la nature. Prendre conscience de cette relation, en partant du mouvement en nous (du plus grossier ou plus subtil) pour "remonter" à la source est le but du Pranayama.

Nous avons vu que Prana est l'expression de la vie en nous, sous toutes les formes d'énergie possible. Vivre, c'est respirer bien sûr, mais c'est aussi parler, chanter, manger, penser, se déplacer...
Les textes vont diviser Prana en cinq souffles principaux selon sa manifestation.

Prana

(Le terme générique est ici employé pour désigner le particulier : on emploiera un "p" minuscule et non un "P" majuscule.)

Cette activité de Prana, prana donc, gouverne l'entrée de l'énergie vitale sous toutes ses formes dans le corps. Situé entre le larynx et le sommet du diaphragme, il commande plus particulièrement la respiration, mais aussi le fonctionnement du coeur (et partant de là, la respiration), la gestion des aliments.

Dans notre pratique, nous en prenons conscience à l'inspiration. La tendance naturelle de ce souffle est de monter. Est-ce pour cela que, sans contrôle, il nous arrive de monter les épaules, la cage thoracique lors d'une inspiration profonde ?

Lors de nos respirations conscientes, nous chercherons à maintenir ce "Prana d'énergie absorbée" en nous, en dirigeant l'inspiration vers le bas, et à en garder la conscience lors des arrêts poumons pleins. Nous verrons un peu plus loin un autre bénéfice du fait de cette direction vers le bas de l'inspiration.

Apana

Cette manifestation de Prana vient en réponse à la fonction d'ingestion, Prana. Apana est responsable des fonctions d'élimination, de ce qui sort du corps. Situé entre le nombril et le périnée, il contrôle les intestins, la vessie, l'air, les organes excréteurs et reproducteurs. Ils assurent l'expulsion de l'urine, des selles, du sperme et du foetus lors de la naissance. Il correspond à l'expiration. Son mouvement est descendant. Est-ce lui qui nous fait nous tasser lorsque nous poussons un gros soupir ?

Apana doit nous débarrasser de ce qui a vocation à sortir du corps, de ce qui s'accumule (aspect positif d'apana). Mais on parlera aussi d'apana pour désigner les résidus, les déchets, ce qui ne nous est plus nécessaire, qui est en trop (aspects négatifs).

En ce sens, apana, bien que localisé dans la partie basse du corps, représente aussi ce qui s'accumule là où il ne doit pas. Celle de l'énergie bloquée qui ne circule plus : du Prana qui est à l'extérieur du corps, qui ne peut plus nous nourrir. Toutes nos tensions, nos douleurs sont du Prana bloqué qui prend alors le nom d'apana. Plus nous sommes perturbés, plus notre énergie va à l'extérieur de notre corps, au détriment de l'intérieur.

Éviter cette dispersion du Prana, le rassembler en nous même, peut-être une traduction du mot pranayama. Apana, ce Prana qui nous quitte, nous le ramenons en nous à l'expiration que nous dirigeons du bas vers le haut. Un autre bénéfice de ce sens de l'expiration est expliqué à partir des schémas ci-dessous. C'est dans une zone située au centre du corps que se fait la remise en circulation de Prana, avec l'élimination des obstacles qui l'entravent.

Schéma des différents souffles en Yoga prana

Samana

Samana est le souffle responsable de cette zone. Entre la zone de Prana et celle d'apana, sous le diaphragme et un peu au-dessus du nombril, c'est là que samana gère l'équilibre entre ce qui entre et ce qui sort.
Harmonisant Prana et apana, samana est responsable de la digestion et de l'assimilation des aliments et de toutes les fonctions d'assimilation de notre corps physique. Symboliquement samana est dans la zone du feu.

Il est en effet possible de comparer l'homme à une chaudière, dont le foyer se situerait au centre du corps. Comme dans tout foyer les flammes se dirigent vers le haut, sauf lorsqu'un courant d'air vient en modifier la direction. Au-dessus des flammes, il y a l'air (la zone de Prana), et au-dessous, il y a des résidus plus ou moins bien consumés (la zone d'apana). La respiration contrôlée, le Pranayama, va nous permettre d'inverser ce processus.

En inspirant du haut vers le bas, nous amenons un courant d'air qui va inverser le sens de la flamme. Celle-ci vient alors sur les déchets qui vont d'autant mieux se transformer en cendre. Les temps de poumons pleins maintiennent en quelque sorte ce contact des déchets avec la flamme : la combustion n'en est que meilleure !

En expirant du bas vers le haut, les déchets sont rapprochés de la flamme qui les brûlera plus facilement. Les temps de poumons vides prolongent et renforcent ce rapprochement. Les postures inversées, en mettant la zone d'apana au-dessus de celle de Prana, nous offrent la possibilité de mettre les résidus directement sur la flamme. La pratique des bandha permet de maintenir les résidus proches de la flamme tout en amenant celle-ci dans leur direction.

Le Pranayama, c'est aussi en quelque sorte, s'assurer du bon fonctionnement de la chaudière ! Grâce aux techniques, nous jouons sur les "différents réglages" : apport d'oxygène, élimination des cendres...

Dès lors, nous pouvons comprendre l'importance de cette région de notre corps. Pour que le feu fonctionne bien il lui faut de la place, de la liberté afin que la rencontre puisse se faire entre Prana et apana.
C'est dans cette perspective que nous devons orienter notre pratique. Le diaphragme, membrane souple, joue un rôle primordial dans la liberté de samana.

Udana

Le "souffle qui monte (ud)", est la quatrième manifestation de Prana. Il commande la parole et les cordes vocales. Responsable des organes sensoriels et des organes d'action, il nous permet la communication avec l'extérieur. C'est lui qui nous donne l'envie de nous élever, de remonter à la source. Situé dans la gorge (pharynx et larynx), il régule également l'absorption de l'air et de la nourriture.

Vyana

Le souffle de la diffusion (vi), va gérer l'ensemble des souffles. Siègeant dans le coeur, il imprègne tout le corps en jouant le rôle de régulateur, en distribuant l'énergie provenant de la nourriture et de l'air.
Il assure "le transport" de la vie à tous niveaux dans l'espace et dans le temps.

Il existe d'autres souffles, chacun ayant un rôle bien précis : clignement de la paupière, éternuements, hoquet... Aucun de ces souffles n'est positif ou négatif. L'essentiel est d'en respecter l'équilibre.

Tous nous permettent de vivre, de gérer au mieux notre "nature personnelle".

Ils sont aussi une invitation formidable à vivre pleinement notre rôle sur terre, celui de lien vivant entre l'univers et le créateur, invitation à "caresser nos idéaux sans nous éloigner d'en bas" (chanson de Noir Désir)...

Dominique Adda
Lettre du Vif, numéro de janvier 2003




le massage

massage ayurvedique


Le massage

par Martine Duchon

L'ayurveda est une science très profonde et très ancienne. Un Art de Vivre. Ayur signifie la vie, la force ou l'élan vital. Véda signifie la connaissance. L'Ayurvéda est donc une connaissance de la vie, une science de la santé, du bien-être et de la longévité. Les massages ayurvédiques sont connus pour leur efficacité en matière de rajeunissement et pour le soulagement des maux chroniques.

Massage indien selon l’Ayurvéda Les massages ayurvédiques soulagent de façon durable les maux et douleurs chroniques comme les maux de tête,
les articulations douloureuses, les torticolis, les migraines et les rhumatismes.
Ils tonifient le corps, revivifient l’esprit, redonnent de la vitalité et de la vigueur.
Les massages à l’huile sont appelés Abhyanga.

L’Abhyanga correspond au massage familial pratiqué dans a région du Kerala, au Sud Ouest de l’Inde. Effectué à l’huile de sésame, il permet de délasser et d’assouplir en douceur les zones de tensions musculaires. Il favorise le drainage et l’élimination des toxines. Son toucher est doux mais ferme, enveloppant et maternel. Massage kalari (ou Uzhichil).
Le massage kalari (ou Uzhichil) nous vient du nord du Kérala (ex-Malabar). Il s’agit d’un massage complet aux huiles qui est donné soit avec les mains, soit avec les pieds. Traditionnellement, les élèves de kalarippayatt reçoivent “un massage flexibilité” de 7 jours pendant la mousson avant d’entamer la saison d’entraînement.

Le massage d’une heure environ régénère le système nerveux et musculaire. Les pressions sont doséAes en fonction de la structure corporelle de chacun. La circulation lymphatique, sanguine et énergétique est stimulée par un travail
sur les veines, les nadis (canaux d’énergie subtile) et les marmas (points vitaux). Le massage, les huiles...

D’une manière générale le massage ayurvédique se fait avec de l’huile de sésame reconnue pour ses vertus calmantes et sa richesse en vitamine E . Mais selon le type ayurvédique
de la personne, une huile sera plus adaptée qu’une autre. Ainsi l’huile de sésame ou l’huile de noix conviendront parfaitement à une personne de
type vata (élément air). Une personne de type pitta (élément feu) devra
préférablement utiliser l’ huile de noix de coco qui est plus rafraîchissante.
Une personne de type kapha (élément terre et eau) privilégiera une huile comme l’huile de moutarde. Les huiles sont utilisées dans les massages
afin de désintoxiquer, réduire ou tonifier le corps. Elles agissent en pénétrant par la peau mais sans passer dans l’appareil digestif. Il est donc possible d’utiliser des huiles difficiles à digérer.
Il faut dans tous les cas sélectionner des huiles vierges, première
pression à froid.

                      


Massage Kalari

 

Massage Kalari

par Maryse Jobert
Prés de 20 personnes se sont retrouvées le samedi 9 juin 2007 pour une initiation au massage KALARI.
Yves-Marie DORE a animé cette journée avec simplicité, bonne humeur et une grande précision. Il nous a guidés attentivement tout au long de ces heures de pratique.
Kinésithérapeute, il a été formé à ce massage en 1993 par Asok Kumar.
Originaire du Kerala, ce massage est codifié. C’est un massage de préparation du corps en mouvement, d’où son intérêt pour les danseurs, les sportifs. En Inde, il fait partie de la médecine de terrain. L’huile de sésame est utilisée, mais d’autres huiles également en fonction de l’état du massé (huile de coco, colza,…). Le diagnostic pour le choix de l’huile s’effectue selon le principe ayurvédique. Tour à tour, ce jour là, nous avons été massés, masseurs et, à certains moments observateurs. Il est en effet précieux d’apprécier le geste juste d’Yves-Marie, l’apprentissage passe aussi par les yeux. Colonne vertébrale de la transmission, l’énoncé précis du protocole a accompagné les exercices de massage. Ce guide a été le fil rouge de la journée et la répétition une façon de mémoriser et d’entrevoir la plénitude du massage.
L’ambiance qui se fait chaleureuse, la proximité qui s’installe entre deux personnes, la concentration, mais aussi quelques éclats de rire ( la plante des pieds est chatouilleuse ?), comment restituer ces moments ? Je n’essaierai pas.
Une belle journée, une initiation. Gageons que beaucoup d’entre nous auront envie de poursuivre pour approcher le massage au complet.
Merci à Yves-Marie de sa disponibilité et de son professionnalisme.

(Pour en savoir plus : revue Viniyoga n°34 en date de Juin
1992, « La thérapie Kalari Marma »).
Yves-Marie Doré :
Masseur Kinésithérapeute

« Yoga et émotions »

Dans tous nos états

par Maryse Jobert

 
Thierry JUMEAU nous promettait 300 000 000 d’émotions et c’est vrai qu’au cours de ces trois heures d’atelier les expériences ont été nombreuses, variées et riches en sensations.
Un espace bien rempli. Nous étions 14 ce samedi matin, curieuses et intéressées (et oui, les participants étaient des participantes, faut-il voir là un signe que le domaine de l’émotion est essentiellement féminin ? Non, je vous rassure, ce monde est partagé avec la gent masculine et c’est le monde de l’humain).
Et il nous semble si familier ce monde! La langue française nous offre quantité de couleurs et de locutions pour décrire ces états : une peur bleue, « la peur donne des ailes », « avoir plus de peur que de mal », « la peur au ventre », une colère blanche, bleue, noire, mais aussi « voir rouge », « la colère est mauvaise conseillère », un coup de colère, une explosion de joie, une tristesse sans fond….(vous pouvez jouer aussi).

Thierry nous a embarqué dans un voyage. Voici les trésors que j’y ai glané, comme les cailloux laissés par le Petit Poucet pour retrouver son chemin, comme des repères pour une vie émotionnelle pleine et juste.

1 - Une définition : A quoi sert l’émotion ? A informer l’autre de ce qui se passe à l’intérieur de nous, pour lui permettre de s’adapter. Cette notion de parole « muette » de l’émotion, d’élément de dialogue, permettant l’ajustement ouvre vers l’espace extérieur, celui de l’autre. Si on se tourne vers l ‘étymologie, Emotion (EX MOVERE) signifie « mouvoir vers l’extérieur ».
Ce qui peut apparaître à première vue du domaine de l’intime est aussi une facette de la communication.

2 - Un élément à ne pas perdre de vue : l’émotion est une énergie qui parcourt le corps (c’est fugace et si elle « s’incruste » alors, cela relève du pathologique). C’est du domaine du physique, du réactionnel ; en découle un comportement, une action ou une réaction. Nous réagissons à une situation qui est une réalité, mais notre réaction a son origine dans le référentiel d’idées qui constitue nos croyances. C’est l’idée que l’on se fait de la situation qui provoque l’émotion et non la situation elle-même. Un chemin de pratique s’ouvre là : constater l’émotion qui émerge et repérer l’idée sous jacente. Un chemin de connaissance de soi.
Thierry nous a incité à revenir au chapitre I, sutra 36 du Yoga sutra. « Par l’enquête sur la signification de la vie et sur ce qui nous maintient en vie, nous pouvons trouver des soulagements à nos distractions mentales ». Enquêter sur les émotions, les identifier, reconnaître l’idée qui est au 2ème plan est une voie.

3 - L’importance de mettre des mots sur ce que nous ressentons. Cette verbalisation est indispensable, salutaire, salvatrice. En effet, « ce qui ne s’exprime pas s’imprime » dans le corps, dit l’Ayurveda. Une piste pour prendre soin de soi ! Nous avons fait cet exercice de nommer les diverses couleurs des émotions de base que sont la joie, la colère, la peur, la tristesse, sur une échelle, de mettre des mots décrivant les gradations de l’intensité. C’est un travail de yoga, un travail de lucidité que de, journellement, observer pour soi l’état dans lequel on est et d’y mettre des mots.

4 - Une communication « non-violente ».
L’enquête sur les émotions installe progressivement une communication où l’expression des faits, de ce que nous ressentons, permet la demande claire de nos besoins non satisfaits.
Thierry nous a rappelé qu’une bonne communication est utile pour être en bonne santé

5 - Un éclairage sur les fonctions des émotions de base - La joie comme un moteur. Elle sert à renforcer les liens.
- La colère comme un accélérateur. Elle sert à lutter, à se défendre.
- La peur comme un frein. Mais la peur sert aussi à se protéger.
- La tristesse comme un embrayage, une occasion de changer de régime. Elle sert à se recharger.

Une belle matinée joyeuse et pleine d’énergie. Le coton imbibé de jasmin qui a accompagné ma méditation était une conclusion pleine de douceur : l’émotion est liée assez directement à l’olfaction. Un grand merci à Thierry pour ce voyage coloré. Savez-vous, nous avons joué au bûcheron, imité le lion, ri aux éclats, construit un bateau à voiles…


La prochaine fois, venez !

 

Le Yoga, outil de santé pour l'avenir ?

La majorité des pratiquants de Yoga témoignent que le Yoga a amélioré leur santé, réduisant le stress et harmonisant le corps avec l'esprit.

Le Yoga, outil de santé pour l'avenir ?

Rappelons ici le lien indissociable entre le Yoga et la santé.

Le Yoga a pour but de réduire la souffrance, "duhkham", terme qui signifie "serrement du coeur".

Dans les Yoga Sutra, Patanjali cite la maladie comme premier obstacle à l'état de Yoga (état d'épanouissement).

Le Yoga s'intéresse aux causes profondes des maladies

Maladies provoquées :

- soit par un déséquilibre des "dhatus" (sang, lymphe, graisse, os, moëlle, liquides reproducteurs), ou des 11 organes sensoriels (5 organes de perceptions, 5 organes d'action, et le mental),

- soit par un rejet de quelque chose de déplaisant ("roga"),

- soit par une agitation psychique ("citta viksepa") qui peut conduire aux différentes maladies mentales.

L'état de santé selon le Yoga

L'état de santé, par contre est décrit comme une plénitude, une ouverture, l'épanouissement d'une fleur de lotus au niveau du coeur. "Samana" désigne le bon équilibre dans toutes les dimensions de l'être, "aroga", le sentiment de bien-être et "citta sthairyam", la stabilité mentale même dans les turbulences de la vie.

Le Yoga agit d'une façon holistique en prenant en compte le corps, le souffle, le mental, l'esprit, la personnalité. Une des particularités du Yoga réside dans le fait que la personne intervient sur elle par elle-même. Elle doit se prendre en charge.

Alors que la médecine donne une médication pour soigner un symptôme, le Yoga propose un traitement à la carte selon la personne. C'est pourquoi les cours seront toujours individuels dans cette approche du Yoga.

Par exemple, pour une personne qui souffre d'un mal de dos, l'enseignant doit identifier le symptôme ("heyam"), puis chercher la cause du problème ("hetu"), définir un objectif ("hanam"), puis enfin choisir des moyens ("upayam") parmi un vaste éventail d'outils (asana, pranayama, sons, chants, kramas, alimentation, études des textes, méditation...).

Dans la plupart des cas, l'enseignant doit procéder progressivement en traitant en priorité les problèmes les plus aigus. Les problèmes plus chroniques et plus profonds nécessiteront une pratique de longue durée. Ainsi, l'élève devra consulter son enseignant régulièrement pour réajuster et intensifier le traitement.

En aucun cas, le Yoga ne peut se substituer à un traitement médical, au mieux il pourra l'accompagner et le soutenir. L'idéal serait que le travail en Yoga se fasse en partenariat avec le médecin. Dans les maladies graves, il faut admettre les limites du Yoga ; celui-ci permettra cependant de mieux vivre sa maladie.

Le Yoga, une relation d'aide holistique

L'efficacité d'une pratique de Yoga dépend du lien instauré entre l'enseignant et l'élève. Sans "sraddha", la confiance, il n'y aura pas de véritable amélioration de la santé. Par contre avec elle, l'enseignant pourra même donner des conseils concernant les actes de la vie quotidienne.

Le Yoga peut être considéré comme une relation d'aide holistique menant à une véritable transformation des différentes couches de l'être ("panca-maya").

Alors, à quand la reconnaissance officielle de la "Yogathérapie" en France ?

Des consultations particulières de Yoga et des formations d'enseignants de Yoga incluant des cours sur le rapport du Yoga avec la santé sont proposées toute l'année par l'Institut Français de Yoga à Paris.

Annuaire des enseignants certifiés Formations pour enseignants

Aurore Gauer