LE DÉSIR DE YOGA

Auteur: 
BOURGEA Chantal

C’est la rentrée et nombreux sont ceux qui « reprennent le yoga », ressentant un désir de yoga. S’il y a désir, c’est qu’il y a manque : qu’est-ce que l’on n’a pas et que l’on vient chercher ? Quel désir nous pousse à pratiquer ? Ai-je déjà ressenti un désir qui paraisse de même nature ou le désir de yoga est radicalement différent ?
 

Bien sûr, il y a le bien-être en fin de pratique, mais parfois le yoga nous bouscule un peu et c’est bien ; puisqu’on souhaite changer quelque chose, il faut bien qu’il y ait changement et le changement… ça change ! L’offre de bien-être est pléthorique aujourd’hui, pourquoi le yoga spécifiquement – et ce yoga-là – de quoi a-t-on envie/ besoin/ le désir – au passage, ces mots sont-ils synonymes ?

Peut-être sait-on quelque chose de la finalité du yoga, peut-être pas, peut-être la pressent-on, peut-être y a-t-on goûté ? Liberté intérieure et joie sont au bout du chemin. Quoi qu’il en soit entre nos (très) nombreuses mises sur le tapis et l’aboutissement, il se passe du temps, beaucoup, et souvent, des moments où on doute, on arrête, s’inscrit à un (tout) autre cours, projette de s’y remettre…
 

Le yoga GPS

Le yoga n’ajoute rien, aucun professeur ne fait une injection de yoga. Chacun a tout en lui certes, mais le souci est qu’on a perdu le chemin. Il nous faut un mode d’emploi, un GPS. Et on trouve quoi, ou plutôt qui ? Soi ! Le désir de yoga serait alors un désir de Soi… désir de se rapprocher, d’être en relation avec sa vérité, son authenticité, sa personnalité profonde dégagée d’emprunts qui ont eu leur utilité mais qu’on ne sait plus comment rendre, c’est à dire « lâcher ». Curieuse démarche : à partir d’un ressenti de manque, la réponse est de lâcher pour trouver !

Clairement ou confusément, on vient au yoga pour se retrouver, ce qui produit un allégement, une simplification, une clarification. Il se peut qu’il faille continuer à porter tel vêtement d’emprunt mais quand on l’identifie comme tel, il ne pèse plus le même poids sur nos épaules, « on respire ».
 

Le désir d’être avec soi

Peut-être est ce cela qui nous détend. Dé-tendre : arrêter de tendre vers quelque chose, on ne s’est plus occupé d’être comme ci, comme cela, on est et c’est tout (ce n’est pas toujours ni simple ni rapide soyons réaliste… et patient). Le yoga remet chez soi, avec soi, littéralement « dans sa peau », puisque le corps y participe grandement.

Dans une posture, il y un moment où l’on est ajusté, ce n’est pas qu’elle soit parfaite, ou idéale, c’est qu’à ce moment précis, elle est juste pour moi ; il n’y a rien à retirer, à ajouter, à modifier, on la vit tout simplement. Expérience et mémoire de cette expérience. Le désir d’être avec soi fondamentalement ; comme une étincelle, il y a eu contact, passage du bien-être à l’Être bien, cela dure une minute, quelques heures…

Une mise en ordre, un alignement, une clarté, une évidence, une simplicité, un silence, une plénitude, un allègement, une restauration, une joie… Chacun nomme à sa façon ou ne nomme pas.