« Du plus petit au plus grand circule l'énergie du désir »

Atelier avec Pascale Jaillard, enseignante IFY, et Laurence Maman, formatrice IFY

Proche et lointain, intérieur et extérieur : nos perceptions de nous-même peuvent varier et cet atelier proposait d’expérimenter ces allers-retours pour, en fin de séance, se laisser porter par son propre désir afin d’ouvrir au champ du très petit comme du très grand.

Introduction par Laurence Maman

Nous chantons le sûtra I-40, thème de cet atelier, puis sont donnés quelques repères potentiellement sources d’inspiration.
• Tout d’abord, un extrait de la Mundaka Upanishad :

« Il se tient, manifeste, tout proche.
L’Habitant de la crypte, le Grand But, Centre de tout.
Sur lui sont fixés tous les mondes,
Tous les habitants des mondes,
Tout ce qui se meut, tout ce qui cligne, tout ce qui respire.
Il est, resplendissant, l’objet de tout désir.
Plus menu que l’atome,
Au-delà de toute atteinte du savoir. »



• Ensuite,  une réflexion sur la place du sûtra I-40 dans le Yoga-sûtra : évoquant l’idée d’une possibilité d’accès, voire de maîtrise, s’étendant de l’« infiniment petit » à l’« infiniment grand », ce sûtra suit immédiatement celui qui, terminant l’énumération des moyens pour dépasser des obstacles, peut être traduit par : « Tout moyen désiré peut être mis en œuvre », mais aussi par : « On peut méditer sur son propre désir ». Ce seraient alors la découverte et la circulation de ce désir très personnel, très singulier, différent pour chacun, qui ouvrirait chacun au champ du très petit comme du très grand.

• Enfin, un rappel issu de la mythologie : en Inde, le dieu Kâma – le désir – est fils de la déesse Shraddhâ – la foi, la confiance – et du dieu Dharma – la responsabilité. Une force essentielle, vitale, qui soutient, mais pas n’importe comment ni dans n’importe quelle direction.

Atelier guidé par Pascale Jaillard

1re expérimentation : « Peau interface entre l’intérieur et l’extérieur »




Pratiquer 3 fois l’enchaînement ;
puis frotter toute la surface du corps, y compris le dos à 2 ;
reprendre l’enchaînement ;
puis avec bhâvana sur les sensations cutanées ;
puis avec bhâvana : « peau qui respire ».

Observation en samasthiti :
peau qui délimite l’espace corporel ;
peau qui met en contact avec l’extérieur.

2e expérimentation : « Ecoute du plus proche au plus lointain et retour »

En posture assise, successivement :
  • écoute de l’environnement sonore ;
  • poser les mains sur les oreilles, installer un léger ujjayî et écoute de la respiration ;
  • écoute des sons de la salle et des salles à côté ;
  • écoute des sons autour du bâtiment ;
  • écoute des sons de plus en plus lointains dans toutes les directions ;
  • revenir en sens inverse jusqu’à l’écoute de la respiration.

3e expérimentation : « Point de vue interne, point de vue externe »



  • mise en place de l’enchaînement ;
  • yeux fermés, placer le centre du corps puis pratiquer l’enchaînement en restant sur ce centre ;
  • idem yeux ouverts ;
  • yeux ouverts conscience de l’espace autour puis reprendre l’enchaînement dans la conscience de l’espace ;
  • idem yeux fermés, puis se donner la liberté de rester en statique, de choisir sa vitesse de mouvement sans synchroniser avec la respiration…

Observation en position allongée :
  • yeux ouverts, sentir centre ET espace autour ;
  • idem yeux fermés.

Proposition finale par Laurence Maman

Chacun est invité à remettre en pratique, parmi les exercices expérimentés cet après-midi, celui qui sied le mieux à son propre désir.