« De la maîtrise de nos limites à l’exploration de nos possibles »

Auteur: 
FRANCO Lina
Atelier co-guidé par Lina FRANCO & Philippe LE MASSON, enseignants IFY



Cet atelier est une invitation à explorer la notion de la limite telle qu’elle est présentée dans le Yoga-sûtra (I-40), après la session consacrée aux neuf obstacles et à leurs remèdes. Nous partons des limites tangibles que sont celles du corps, du souffle, du mental pour ouvrir vers le non-tangible et non-limité.

Notre limitations physiques, respiratoires… font principe de réalité. C’est sur le plan physique, au travers d’une courte pratique que l’atelier invite à vérifier cela : chaque millimètre conscientisé dans l’espace de la posture est une ouverture extraordinaire au monde intérieur, véritable domaine où explorer l’infiniment petit de la vie pleinement acceptée avec ses limites et de l’infiniment grand de la Vie qui les transcende.





Trois temps scandent le déroulement de l’expérience :

1er temps : se relier
MARCHEZ LIBREMENT DANS L’ESPACE

  • 1er gong : vous vous arrêtez et vous touchez votre tête ; restez-y en contact quelques secondes, les yeux fermés.
  • Vous reprenez la marche
  • 2e gong : vous vous arrêtez et vous touchez vos coudes ; restez-y en contact quelques secondes, les yeux fermés.
  • Vous reprenez la marche
  • 3e gong : vous vous arrêtez et vous touchez CE QUI VIENT ; restez-y en contact quelques secondes, les yeux fermés.
  • Vous reprenez la marche
  • 4e Gong : vous vous arrêtez et vous touchez CE QUI VOUS APPELLE ; restez-y en contact quelques secondes, les yeux fermés.
  • Vous reprenez la marche
  • 5e gong : vous vous arrêtez et vous posez VOS MAINS LIBREMENT SUR LE CORPS ; restez-y en contact quelques secondes, les yeux fermés.

Une marche libre dans l’espace met le corps dans une situation où expérimentation, observation et découverte sont conviées. Le bhâvana sur le toucher décliné en trois formulations différentes –  « Touchez … 1. Ce qui vient ;  2. Ce qui vous appelle ;  3.  Posez vos mains librement sur le corps – aide à créer le premier contact extérieur avec le corps ce qui permet d’effleurer, puis petit à petit, d’approfondir son incroyable complexité.

2e temps : ressentir
PRATIQUE





La pratique proposée prépare et accompagne le déplacement de la perception du corps extérieur du touché à celui des relations subtiles qui composent le système humain décrit dans le texte de la Taittirîya upanishad.


3e temps : ouvrir

NYÂSA                                         

Tout d’abord faire répéter le mantra Mâ aham plusieurs fois
 
 
Série 1 Série 2 Série 3 Série 4 Série 5
IN lever les bras
EX En chantant
le mantra,
vous allez toucher les parties du corps suivantes :
IN lever les bras
EX En chantant
le mantra,
vous allez toucher la partie du corps…
La même chose
en binôme,
face à face,
pas forcément
avec la personne
qui est à vos côtés,
vous allez chanter le mantra et poser…
La même chose en changeant de binôme vous allez chanter le mantra et poser… Les yeux fermés, immobiles, sans mouvements, allongé
sur le sol.
Chantez mentalement
sur EX
1.ventre ;

2. thorax ;
3. tête ; 

4. cœur ;
5. gorge
…qui vous
appelle (5 fois)
…vos mains
librement sur
votre corps (5 fois)
…vos mains
librement sur
votre corps (5 fois)
Touchez mentalement
une partie de v
otre corps (5 fois)
Temps de silence Temps de silence Temps de silence Temps de silence Temps de silence


ASSISE & MEDITATION             

  • 10 R vous murmurez le mantra
  • 10 R vous soupirez le mantra
  • Temps de silence
Le toucher a ici laissé la place au rituel tantrique du nyâsa, qui veut dire « placer ». Le pratiquant est invité à toucher différentes parties de son corps en même temps qu'il chante le mantra. Celui choisi est MA-AHAM : « je suis la totalité, je suis cela, je suis ». Le mantra est très fort. Il parle des limites récusées, des possibles explorés. De vie qui se donne, d’enfantements en renouvellement, au fil du détachement (vairâgya).
Un temps de pranayama vient clore cette troisième et dernière partie. C’est le moment où le voyage au travers les limites et les possibles ouvre sur l’infiniment humain, cette totalité à la fois simple et
complexe devenue objet de méditation.
Les mots sont dissous en murmure, puis en soupir, enfin en souffle, ultime limite du corps transcendée dans le silence.